Le Réveil Lozère 01 octobre 2014 à 08h00 | Par Sandra Hartmann

Les raisons de la colère

Le 5 novembre, le monde agricole est à nouveau appelé à se faire entendre s’il ne reçoit pas très rapidement de forts signaux politiques. Le mot d’ordre : nous voulons produire pour vous nourrir.

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Le monde agricole s’est déjà fait entendre à de nombreuses reprises, il recommencera le 5 novembre si rien ne bouge. L’objectif ne change pas, la défense de la profession reste en haut des mots d’ordre : un revenu décent, des contraintes assouplies… les agriculteurs doivent pouvoir travailler, vivre de la terre et nourrir les français.
Le monde agricole s’est déjà fait entendre à de nombreuses reprises, il recommencera le 5 novembre si rien ne bouge. L’objectif ne change pas, la défense de la profession reste en haut des mots d’ordre : un revenu décent, des contraintes assouplies… les agriculteurs doivent pouvoir travailler, vivre de la terre et nourrir les français. - © Réveil Lozère

Près de 300 dirigeants des antennes départementales, régionales et des sections de la FNSEA étaient réunis à Paris le 25 septembre. La situation n’est plus tenable. Les hommes sont à bout, produisant à perte pour les uns ou obligés de décapitaliser les cheptels pour les autres. Nous en arrivons à des situations extrêmes. Le 19 septembre, le centre des impôts et la MSA de Morlaix sont incendiés par des producteurs de légumes protestant contre les pressions fiscales et administratives. Manuel Valls a condamné ces actes. Le syndicat est allé dans le même sens, mesurant néanmoins ses propos et réunissant promptement l’ensemble de ses dirigeants. « Notre devoir et notre responsabilité sont d’abord d’analyser et de comprendre les causes de cette colère qui traduit le profond désarroi des agriculteurs et de leurs familles », résume la fédération. La FNSEA prévoit une journée d’action le 5 novembre, suite à un ras-le-bol généralisé dans les campagnes et à une exaspération par rapport à la réglementation. « La crise n’est plus seulement économique, elle est aussi morale : il n’y a pas une semaine où l’on ne vient pas remettre en question les pratiques des paysans », explique Xavier Beulin, président du syndicat majoritaire. Le thème de la journée, à laquelle s’associent les Jeunes agriculteurs, sera « nous voulons produire pour vous nourrir ». Huit points durs, traduisant les principales revendications du syndicat, sont mis en avant. Le premier concernera les mesures prises face à l’embargo russe qui ne doivent pas être financées que par le budget de la Pac. Figureront aussi : le refus du péage de transit, du compte pénibilité pour la retraite, du nouveau zonage environnemental et de l’impossibilité d’entretenir efficacement les cours d’eau ; l’obligation qu’au moins deux repas sur trois soient préparés à partir de produits issus de l’agriculture française dans la restauration collective ou encore la levée des contrôles liés au verdissement de la Pac tant que toutes les règles pour son application en France ne sont pas arrêtées. Dernière revendication formulée : la généralisation des battues aux grands gibiers pour endiguer la présence du loup et contrer la problématique du sanglier, avec une obligation de résultat lors des battues.

La suite dans le Réveil Lozère, page 3, édition du 2 octobre 2014.

Déclinaison des revendications en Lozère

La FDSEA et les JA de la Lozère réagissent sur les revendications qui impactent le plus le département. Le premier point concerne les contraintes liées à l’environnement. Daniel Molines qui gère les questions environnementales de la FDSEA monte au créneau : « Nous avons suffisamment répété à l’administration que l’agriculture lozérienne n’est pas destructrice de l’environnement ; bien au contraire ! Pourtant, la liste des contraintes auxquelles nous sommes soumis s’agrandit de jour en jour ! Preuve en est, la dernière proposition de zonage pour les communes vulnérables aux nitrates, où trois communes lozériennes risquent de devoir mettre en place des programmes spécifiques pour protéger la qualité des eaux face aux nitrates. L’agriculture lozérienne est mise de facto sur le même pied d’égalité que les régions intensives du grand ouest. Des critères (trop) restrictifs font que la simple présence de nitrates d’origine naturelle suffit à faire basculer une commune en zone vulnérable. Idem pour la gestion des milieux humides en Lozère, notre tentative d’aboutir à une charte sur l’eau n’a clairement été que de la poudre aux yeux. Les agriculteurs en ont ras-le-bol de servir à chaque fois de variable d’ajustement. Ils ne doivent plus subir de mesures inadaptées à leurs territoires mises en place par des bureaucrates peu au fait des réalités du terrain. Je pense donc qu’une grande manifestation contre toutes ces entraves doit être organisée. Nous devons d’affirmer notre volonté de pouvoir exercer une agriculture responsable qui préserve les prérogatives naturelles et historiques des éleveurs sur leurs exploitations. En Lozère, la réglementation sur les cours d’eau et milieux humides doit prendre en compte nos spécificités de territoire positionné en tête de bassin. »

La situation est invivable

Eugénie Brajon, première vice-présidente et responsable du dossier prédation aux Jeunes agriculteurs, s’exprime quant à elle sur le loup : « Les agriculteurs français ne peuvent matériellement pas être compétitifs sur le marché mondial, trop de contraintes nous assaillent chaque jour. Ces surcharges financières et de travail n’engendrent aucun gain de productivité en retour. L’exemple du loup est totalement révélateur de cette situation. Les éleveurs néo-zélandais ne subissent pas la contrainte du loup pour élever leurs agneaux. Ces derniers inondent notre marché intérieur avec des prix bien plus bas. Les agriculteurs n’en peuvent plus d’apprendre chaque jour une contrainte de plus remettant en question leurs conditions de travail. Un jour le loup, le lendemain le vautour… Nous subissons les lobbies écologistes, sur le terrain la situation est invivable. Généraliser les tirs de prélèvements du loup lors des battues au grand gibier est une nécessité partout en France. Seulement trois loups tués alors que 36 prélèvements sont autorisés, le chiffre est révélateur, il faut nous donner davantage de moyens pour prélever ces loups. Nous attendons donc fermement l’échéance du 5 novembre.

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Les conclusions du rapport de la commission d’enquête sur les conditions d’abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français seront connues le 21 septembre.

Pierre Morel-à-l’Huissier, député de Lozère et membre de la commission d’enquête.

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