Le Réveil Lozère 17 janvier 2017 à 08h00 | Par François d'Alteroche

«Nous ne céderons pas sur notre combat pour le prix de notre produit»

À la veille du congrès de la fédération nationale bovine, Jean-Pierre Fleury, son président, s’explique sur les différents sujets de préoccupation.

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Attention aux conséquences indirectes du Brexit souligne également Jean-Pierre Fleury, président de la FNB : « La dévaluation de la livre fait que la viande irlandaise est devenue moins attractive sur le marché anglais. » Cela va logiquement inciter les exportateurs irlandais à prospecter de façon plus active les autres débouchés.
Attention aux conséquences indirectes du Brexit souligne également Jean-Pierre Fleury, président de la FNB : « La dévaluation de la livre fait que la viande irlandaise est devenue moins attractive sur le marché anglais. » Cela va logiquement inciter les exportateurs irlandais à prospecter de façon plus active les autres débouchés. - © Sophie Chatenet

Comment s’est achevée 2016 pour les producteurs de viande bovine ?
La situation est terrible pour de trop nombreux éleveurs. Sur 80 000 producteurs spécialisés, nous considérons que 10 000 à 15 000 d’entre eux sont dans une situation de quasi faillite. Après deux années de crise, certaines exploitations qui avaient pourtant de bons résultats techniques sont à leur tour confrontées à de sérieuses difficultés. C’est en particulier le cas de bien des élevages qui avaient beaucoup investi. Les aides Pac sont finalement arrivées tant bien que mal en fin d’année sur nos comptes. Cela a permis de remettre à jour les échéances en retard. Mais sans amélioration du prix de nos animaux, le problème de fond n’est pas réglé. La situation risque d’être à nouveau très tendue pour nombre d’entre nous dès le mois de mars. À ces problèmes de trésorerie vient s’ajouter une crise morale. Beaucoup d’éleveurs se sentent abandonnés et incompris.

La défense du prix du produit demeure donc la priorité…
Le combat sur les prix et la reconnaissance de la hausse de nos coûts de production est un combat sur lequel la FNB ne cédera pas. Il y va de la survie de nos élevages. Dans la période actuelle, nos responsables politiques ont besoin que nous leur ouvrions les yeux sur certaines évidences. Depuis plusieurs décennies, qu’ils soient de droite ou de gauche, les gouvernements successifs ont donné les clés à la grande distribution pour gérer le pouvoir d’achat des consommateurs et juguler l’inflation. Cette maîtrise de l’inflation s’est traduite par une guerre des prix entre enseignes. Elle s’est faite au détriment de leurs fournisseurs et en particulier des agriculteurs. Quand on compare au cours de ces dernières années l’évolution du prix moyen pondéré des bovins entrée abattoir à celle du prix de la viande dans les linéaires et à l’indice Ipampa (indice des prix d’achat des moyens de production agricole), on visualise tout de suite le problème. Les différents acteurs de l’aval ont su répercuter la hausse de leurs coûts de production mais pas les producteurs. Les gains de productivité réalisés par les éleveurs sur leurs exploitations ont été captés par l’aval.

Le recul de la consommation est classiquement mis en avant par l’aval pour justifier la baisse du prix d’achat des bovins en ferme. Quelle est votre analyse ?
Le discours tenu dans nos cours de ferme par les acheteurs n’est pas exact. Ils nous disent : « La consommation est mauvaise. La demande n’est pas là. Je vais quand même prendre tes bêtes, mais je ne peux rien te proposer de mieux pour leur prix… » Pourtant ces dernières semaines, il n’y a pas eu d’attente pour faire partir les animaux alors même que la crise laitière s’est traduite par des abattages records tout au long de 2016. En fin d’année, les effectifs abattus dans les différents outils français avoisinaient 67 000 gros bovins par semaine soit quelque 7 000 têtes supplémentaires comparativement aux chiffres de l’année précédente. Quand toutes les statistiques seront connues, on va à mon avis apprendre que le recul de la consommation l’an dernier aura été très modeste. Une fois de plus, on raconte des histoires aux producteurs pour ne pas faire monter les prix. C’est un comportement irresponsable de la part des acteurs de l’aval.

La suite dans le Réveil Lozère, page 8, édition du 19 janvier 2017, numéro 1393.

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Afin de connaître notamment le niveau d’émission de gaz à effet de serre, chaque exploitation va pouvoir s’engager dans un diagnostic carbone. La chambre d’agriculture de la Lozère, en réflexion avec la Région Occitanie, va proposer cette méthode permettant à la fois de définir le niveau actuel de l’exploitation et d’élaborer un plan de progrès pour engager la transition.

indique Christine Valentin, présidente de la chambre d’agriculture de Lozère, à propos de la mise en place du label Bas carbone.

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