Le Réveil Lozère 01 août 2017 à 14h00 | Par LE REVEIL LOZERE

Stéphane Travert au pied du mur

Stéphane Travert a été confronté à son premier choix politique, les 26 et 27 juillet, à la suite du point d’étape à mi-parcours de la Pac 2014-2020. Un manque de près d’un milliard d’euros dans le budget des aides Pac du second pilier a été mis au jour lors des prévisions budgétaires pour 2018-2020.

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- © Sandrine Boissière

Stéphane Travert a annoncé le 27 juillet, « en lien avec le Premier ministre et les autres ministères concernés », un transfert « à hauteur de 4,2 % des montants des crédits du premier pilier de la Pac vers le second pilier ». Il s’agit de combler un déficit budgétaire estimé à au moins 853 millions d’euros, reconnu comme « une impasse financière » par le ministre lors de son audition à la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, le 26 juillet. Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, évoque volontiers « un gros cadavre » laissé par le ministre précédent. Il manque de l’argent pour payer certaines aides du second pilier de la Pac que sont l’ICHN, les aides bio et les MAEC d’ici 2020. Pour les syndicats agricoles, le montant est d’au moins un milliard d’euros, avec 853 millions d’euros juste pour l’ICHN. Difficile d’évaluer aujourd’hui ce qu’il manque au sujet des MAEC et des aides bio (fonds Feader) puisque les budgets et les conditions d’octroi de ces aides dépendent des régions. De plus, comme le précise le ministère, il restera des enveloppes non utilisées dans leur totalité sur certaines aides annuelles du second pilier de la Pac qui pourront abonder les enveloppes d’autres aides, dont la bio et les MAEC (fongibilité des aides). Seulement, d’après les chambres d’agriculture, la fongibilité des aides aurait déjà été bien exploitée.

Suite de l'article à lire dans le Réveil Lozère n°1421, du 3 août 2017, en page 3.

Mauvaise et bonne idée

« L’annonce faite en 2013 par le président François Hollande au Sommet de l’élevage envoyait un signe fort aux éleveurs pour la Pac 2015-2020. La semaine dernière, le “tout neuf” ministre de l’agriculture vient de s’apercevoir que son prédécesseur n’aurait pas fait le bon calcul et lui aurait laissé une ardoise.

En effet, il manquerait environ un milliard d’euros à l’échelle de la France pour répondre aux besoins financiers des cinq années de ce programme de politique agricole européenne.

La mauvaise idée est d’aller chercher l’argent dans le premier pilier ; celui des DPB ; pour l’envoyer vers le deuxième pilier (MAE, BIO, ICHN, Prédation…). Prendre a tous pour donner à certains ; la devise du ministre de l’agriculture pourrait être “diviser pour mieux régner”.

La bonne idée verra le jour quand Monsieur Travert ira quêter chez Monsieur Hulot toutes les aides induites par la prédation ; car c’est au ministère de la transition écologique et solidaire de payer pour le loup.

Les récents incendies nous rappellent combien le recul de l’élevage est dramatique pour les territoires difficiles. La politique montagne a fait ses preuves. Il serait irresponsable de l’affaiblir. Pour laisser la place aux loups et aux incendies ! »

Christine Valentin, présidente de la chambre d’agriculture de Lozère

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Le 23 juillet dernier, les députés de la majorité ont piétiné leur propre loi. Ils ont assumé, sans sourciller, de ratifier le Ceta autorisant les importations de viandes canadiennes issues de bovins nourris aux farines animales… après avoir voté, quelques mois auparavant, une loi interdisant toute commercialisation, en France, de produits “pour lesquels il a été fait usage de produits vétérinaires ou d’aliments pour animaux non autorisés par la réglementation européenne”.

rappelle le berceau des races à viande du Grand Massif central dans un communiqué daté du 17 septembre où les responsables appellent à la mobilisation.

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