Le Réveil Lozère 06 décembre 2017 à 08h00 | Par Anne-Marie Vincent

S’embellir au lait de chèvre

Christian et Stéphanie Vestit, éleveurs à la ferme du Bergognon, commune d’Altier, ont eu une idée originale : transformer le lait de leurs 70 chèvres en cosmétiques. Pari osé, pari gagné.

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- © Anne-Marie Vincent

Selon la légende, Cléopâtre, reine de l’Egypte antique, prenait des bains au lait d’ânesse. L’idéal apparemment pour entretenir sa beauté et la jeunesse de sa peau. Deux millénaires plus tard, il est possible de barboter dans sa baignoire avec de la crème de douche, cette fois-ci, au lait de chèvre ! Et pas avec n’importe lequel. Avec du lait produit en Lozère. Car, depuis plus de cinq ans, une gamme de plus en plus large de produits cosmétiques, provenant de la ferme du Bergognon, sur la commune d’Altier, connaît un succès grandissant, qui pourrait même s’exporter à l’international…
Pourtant, rien ne prédestinait le couple Vestit à connaître ce destin. Christian, lui, était jardinier-paysagiste, puis intermittent du spectacle. Stéphanie, elle, était éducatrice spécialisée pour femmes adultes. Installés dans le Gard, les époux décident de tout quitter pour élever des chèvres en Lozère. « On a voulu vivre à la campagne pour notre fille Naïs, pour lui inculquer des valeurs, comme le respect de la nature, des animaux, des gens, explique Stéphanie Vestit, quadragénaire. On est donc devenus éleveurs de chèvres car c’est plus facile à mener pour nous qui ne sommes pas issus du milieu agricole. » Christian Vestit a ainsi suivi une formation professionnelle d’un an, et la famille s’est installée à la ferme du Bergognon en décembre 2002, en fermage. « Pendant dix ans, cela a été compliqué. On a vécu notre période de galère mais on a compté sur le soutien indéfectible d’amis agriculteurs, surtout quand nous n’avions plus de tracteur. Ils fanaient avec leurs outils, à notre place, en plus de leurs journées de travail… », se souvient reconnaissante Stéphanie Vestit, installée en Gaec avec son époux depuis 2012. En plus de produire, grâce à ses 70 chèvres, 90 000 fromages par an, dont certains sont affinés suffisamment pour porter l’appellation Pélardon, ce couple au caractère « fonceur » a eu l’envie de « mieux valoriser le lait en le transformant ». C’est alors qu’en se renseignant, Stéphanie Vestit découvre que des savonneries peuvent fabriquer des produits cosmétiques avec le lait de ses chèvres. Les éleveurs travaillent d’abord avec des professionnels dans le Var, puis désormais dans le Gard, avec l’entreprise artisanale Les Savonniers, installée aux Mages. « C’est moi qui, à chaque fois, leur apporte le lait de nos chèvres, entre 40 et 100 litres, en fonction de ce que j’ai besoin, et je reviens ensuite chercher les produits cosmétiques », précise l’éleveuse.

 

 

 

Suite de l'article à lire dans le Réveil Lozère n°1437, du 7 décembre 2017, en page 16.

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la phrase de la semaine

En mars 2018, la collecte de lait de vache retrouve le niveau de l’an passé (+0,3 % contre +2,6 % en février). Les conditions hivernales relativement rudes (pluie, neige, froid) ont retardé la pousse de l’herbe et la sortie des vaches au pâturage. En mobilisant plus longtemps les stocks fourragers, la hausse saisonnière de la collecte a été réduite.

a indiqué le 18 mai le service statistique du ministère de l’Agriculture (Agreste).

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