Le Réveil Lozère 20 mai 2015 à 08h00 | Par Patrice Boulet et Nathalie Vanherle

Regards croisés sur la problématique du campagnol dans le Doubs et en Lozère

Fabrice Cuenot est éleveur de vaches laitières dans le Doubs, en Franche-Comté. Ce département est confronté à des pullulations de campagnols terrestres depuis de nombreuses décennies. En 2012, l’impact financier du campagnol sur la ferme Doubs a été de 25 millions d’euros.

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- © Fredon LR

Dans le département du Doubs, l’élevage bovin est la principale activité agricole. Il est à 93 % laitier avec un quota moyen de 210 000 litres par exploitation (source : Agreste 2010). Depuis les années 1970, on observe une augmentation de l’ampleur des pullulations de campagnols terrestres, parallèlement à une spécialisation du territoire en herbe (prairies naturelles). Les pics de pullulations y surviennent en moyenne tous les six à sept ans. Lors des pics de 1998 et de 2012-2013, les surfaces ravagées annuellement ont été estimées à 60 000 hectares. Le pic de 2005-2006 a été d’une moindre ampleur.
Quand avez-vous été confronté à votre première pullulation et comment avez-vous évolué depuis ?
En tant qu’agriculteur, j’ai fait face à ma première pullulation en 2005-2006, 60 % de ma ferme ont été touchés. Depuis, j’ai signé un contrat de lutte avec la Fredon Franche-Comté afin de mettre en œuvre la boîte à outils de la lutte raisonnée comprenant des techniques de lutte chimique et alternative. Pour lutter contre les taupes préparant le terrain du campagnol, j’ai passé le certificat PH3. J’ai également fédéré trois autres agriculteurs de mon village pour démarrer une lutte collective. Nous organisons la lutte en chantier et on mutualise notre travail sur les quatre exploitations. Les quatre premières années, nous avons passé huit à dix jours par an à lutter contre le campagnol et la taupe. En 2012-2013 le département a connu un pic de pullulation particulièrement important. En utilisant la lutte précoce, raisonnée et collective, j’ai réussi à sauver 159 hectares de mon exploitation. Aujourd’hui, nous passons en moyenne quatre à cinq jours par an pour entretenir les prairies. Nous sommes devenus plus sereins, nous savons que nous avons les moyens de réussir. Parallèlement à l’usage du PH3 contre la taupe et de la bromadiolone contre le campagnol, toutes les parcelles sont pâturées avant l’hiver pour favoriser la prédation et obtenir un gazon court. Nous utilisons aussi l’outil Herbasol (Actisol) en début d’hiver pour décompacter les sols et détruire les galeries. Nous avons également mis en place du labour sur les prairies naturelles dans le même objectif.

La suite dans le Réveil Lozère, page 3, édition du 21 mai 2015.

Pratique
Pour plus d’informations, n’hésitez pas à contacter la Fredon du Languedoc-Roussillon au 06 33 87 09 30.

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