Le Réveil Lozère 06 décembre 2016 à 08h00 | Par Sabrina Khenfer

Pérenniser l’agropastoralisme pour maintenir le classement

Vendredi 2 décembre se tenait dans les locaux de SupAgro, à Florac, une journée Causses et Cévennes organisée par l’Entente*. Au cœur des réflexions, l’agropastoralisme et son importance dans le maintien durable du territoire comme patrimoine mondial de l’Unesco.

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Cette journée était l’occasion de rassembler tous les acteurs qui agissent pour les Causses et les Cévennes sans se croiser : éleveurs, élus de l’Entente, techniciens, services de l’État…
Cette journée était l’occasion de rassembler tous les acteurs qui agissent pour les Causses et les Cévennes sans se croiser : éleveurs, élus de l’Entente, techniciens, services de l’État… - © Sabrina Khenfer

Une journée, quatre ateliers autour des Causses et Cévennes, paysage d’exception façonné par l’agropastoralisme. À tel point d’ailleurs qu’il y a quelque temps Hervé Malherbe, préfet coordonnateur du bien Causses et Cévennes, a chargé le conseil général de l’agriculture de plancher sur cette question : Comment pérenniser les pratiques agropastorales afin de maintenir durablement le territoire sur la liste de l’Unesco ?
Priorité sur tout le reste
C’est Patrick Aumasson, président du conseil scientifique de l’Entente qui a présenté les conclusions de cette étude lors d’un premier atelier. Si la volonté des hommes et des femmes sur le territoire et le poids des aides participent au maintien des exploitations, plusieurs menaces pèsent sur l’agropastoralisme : « L’intensification de l’agriculture avec une évolution du modèle traditionnel, la fermeture des milieux et la présence du loup. » Pour tenter d’y remédier, l’étude a fait ressortir plusieurs recommandations : la création d’un pôle international du pastoralisme méditerranéen et l’ouverture d’un service dédié au sein de la chambre d’agriculture. « Il faut aussi faire évoluer le Code forestier qui est un obstacle en matière de défrichement. De même pour la Pac qui ne reconnaît pas l’éligibilité de certaines surfaces, notamment boisées. C’est un frein à la reconnaissance du pastoralisme. » L’étude préconise également la création d’un groupement d’intérêt économique et environnemental (GIEE) qui favoriserait notamment la réflexion sur une meilleure utilisation des espaces boisés par les éleveurs : le sylvopastoralisme. « Enfin, il est primordial de développer les filières (abattoirs de proximité, circuits courts) ainsi que les productions bios, qui sont pour l’heure insuffisantes. » Dernière question épineuse : le loup. « Tant que nous sommes incapables d’assurer une cohabitation, toutes les mesures doivent être prises pour préserver l’activité pastorale. » Une priorité qui, selon l’étude, doit s’exercer dans tous les projets touristiques, d’aménagement et autres réglementations.

* L’Entente interdépartementale des Causses et Cévennes a été créée en 2012 pour gérer ce patrimoine inscrit à l’Unesco.

La suite dans le Réveil Lozère, page 4, édition du 8 décembre 2016, numéro 1387.

- © DR

Regards transversaux
Trois autres ateliers, trois prismes à travers lesquels observer les Causses et les Cévennes.Tourisme et Communication. L’atelier a fait ressortir la difficulté à communiquer sur l’appellation agropastoralisme. L’idée d’une marque, d’une identité visuelle a donc émergé, pour créer un label agropastoral basé sur les valeurs de l’Unesco.
Paysage
. Trois outils sont à disposition du territoire : un observatoire photographique du paysage, un atlas paysagé et une cartographie stratégique avec des données chiffrées sur son évolution. Cet atelier a souligné les difficultés à traiter l’ensemble de ce vaste territoire (3000 km²) et l’attention portée à certains lieux emblématiques au détriment d’autres.Patrimoine et culture. Le schéma d’interprétation était au cœur de cet atelier avec l’idée d’organiser un parcours qui intègre hauts lieux et sites plus confidentiels. Les participants ont mis en garde contre le désir de chaque commune d’avoir son propre sentier de découverte, au détriment d’une thématique commune. La discussion autour du parc naturel régional des Grands Causses a porté sur la meilleure façon d’intégrer les habitants au projet, grâce notamment à un réseau d’ambassadeurs réfléchissant à la rénovation du patrimoine local.

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