Le Réveil Lozère 27 décembre 2016 à 08h00 | Par Sandra Hartmann

Maintenir les espaces ouverts

Sur saisie du préfet de Lozère, le CGAAER* a été chargé d’examiner les moyens de pérenniser les pratiques agropastorales extensives des Causses et des Cévennes, inscrites au patrimoine mondial de l’humanité Unesco depuis 2011. Résumé des recommandations sur l’agropastoralisme et la gouvernance cohérente.

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La forêt tient une place prépondérante dans les paysages cévenols.
La forêt tient une place prépondérante dans les paysages cévenols. - © Pierbok

Une radiation de l’Unesco n’est pas envisageable. Pour obtenir une confirmation de l’inscription lors de la prochaine révision en 2021, le préfet de Lozère a pris les devants et saisi le ministre de l’Agriculture. Deux ingénieurs des Ponts, des eaux et des forêts se sont donc penchés sur les conditions du maintien de l’agropastoralisme sur les Causses et les Cévennes, en allant à la rencontre des acteurs des territoires, au printemps dernier.
Point commun entre les Causses et les Cévennes
Causses et Cévennes ont la particularité d’être vastes, l’équivalent en surface d’un département réparti sur l’Aveyron, le Gard, l’Hérault et la Lozère, et dépendent d’une activité humaine : l’agropastoralisme. Le territoire, délimité par cinq villes portes (Mende, Alès, Ganges, Lodève, Millau), compte 2 286 exploitations et quinze structures collectives. La tendance est à la valorisation fromagère sur les Causses, intensification et plus grands troupeaux. Le point commun entre les Causses et les Cévennes est le pastoralisme. Depuis des siècles, l’homme, en synergie avec l’animal, doit lutter contre l’embroussaillement du genêt et du buis et le reboisement du pin et du chêne. Entre 1850 et 1990, les Cévennes sont passées d’un taux de boisement de 15 à 74 %. Sur les Causses, la fermeture est perceptible avec un taux de boisement passé de 21 % en 1972 à 42 % en 2011, qui a pour conséquence une baisse de la SAU de 8 % entre 2000 et 2010. « Mais l’élevage rapporte vingt fois mieux que le bois », pointe l’étude. Face à ce constat des questions se posent : Quelles réserves fourragères pour les sécheresses estivales ? Comment mieux utiliser les parcours boisés ? Comment réguler le loup ? Outre les enjeux économiques et culturels, le maintien des pratiques extensives sur les Causses et les Cévennes présente également un enjeu moral.
Un enjeu moral
Pour Jean-Luc Guitton, ingénieur en chef des ponts, des eaux et des forêts, en acceptant l’inscription, la France a « souhaité jouer un rôle leader dans la préservation de ce type agropastoralisme méditerranéen. » Pour les auteurs de l’étude, le maintien de ces pratiques tient principalement à deux conditions : la focalisation des acteurs sur cet objectif, avec des programmes de recherche, des projets et des aides et une gouvernance de l’Entente interdépartementale en cohérence avec l’ensemble des parties prenantes. À ce titre, le rapport met en avant la création d’un comité des directeurs des organismes gestionnaires.
L’objectif de conservation de l’agropastoralisme passe aussi notamment par des programmes de recherche et des diagnostics agropastoraux. Le projet Mil’ouv est conduit par le conservatoire d’espaces naturels du Languedoc-Roussillon, le parc national des Cévennes, l’Institut de l’élevage et SupAgro Florac. Lancé en 2013, il a pour objectif d’étudier l’impact des pratiques pastorales sur la biodiversité et de déterminer celles pouvant être les meilleures.
* Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux.

La suite dans le Réveil Lozère, page 3, édition du 29 décembre 2016, numéro 1390.

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