Le Réveil Lozère 16 décembre 2015 à 08h00 | Par Docteur Didier Guérin

Le bâtiment : un domaine à explorer pour une maîtrise du risque

Il existe cinq domaines de risque : l’alimentation, l’état sanitaire, la gestion du troupeau, la relation mère-veau et le bâtiment.

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Le bâtiment d’élevage est un domaine de risque sanitaire. La prévention et la correction des problématiques relevées passent par l’investigation de plusieurs secteurs dont la densité, la ventilation, la luminosité ou l’aménagement.
Le bâtiment d’élevage est un domaine de risque sanitaire. La prévention et la correction des problématiques relevées passent par l’investigation de plusieurs secteurs dont la densité, la ventilation, la luminosité ou l’aménagement. - © Sophie Memeteau

Les pathologies respiratoires, les diarrhées néonatales, les mammites, etc., forment autant de syndromes multi-factoriels où le facteur bâtiment occupe une place conséquente. Mais, le bâtiment d’élevage est aussi et d’abord un facteur de bien-être animal dont le respect constitue une composante majeure de la prévention des différentes pathologies.
Les composantes d’un bâtiment sain à explorer
Déterminer si un bâtiment est sain ou non passe par une phase de diagnostic sur trois séries de critères principaux : l’hygiène (propreté des animaux, hygiène générale du bâtiment), l’ambiance et la contamination (désinfection, dératisation, local d’infirmerie, etc). D’autres éléments comme l’éclairement, les courants électriques peuvent également être à investiguer.
Des animaux propres sur une litière saine
L’état de propreté des animaux est appréciable à partir d’une grille de notation de propreté des bovins. Elle permet de caractériser la salissure des animaux et de quantifier le risque sanitaire associé. En stabulation paillée, une température de litière trop élevée favorise la multiplication bactérienne et constitue un facteur de risque de mammites ou de diarrhées néonatales.Trente-six degrés à 10 cm de profondeur, le curage du bâtiment s’impose ! La norme de paillage est de 1 kg par 100 kg de poids vif et par jour. La note de propreté est le meilleur indicateur. Pour le calcul de la surface par animal, les surfaces souillées comme les lieux de passage, les zones proches des lieux d’abreuvement ou de prise de nourriture, les couloirs paillés sont à exclure pour obtenir le total disponible par animal. Les surfaces inoccupées sont également à retrancher d’où l’importance de l’observation des animaux lorsqu’ils sont au repos. Une densité trop importante entraînera un stress chronique des animaux, facteur inéluctable d’augmentation des maladies.
De l’air sans courants d’air dans une zone de température favorable
Les marqueurs d’une mauvaise ambiance et surtout d’une hygrométrie trop élevée sont : le bois noircis, des poteaux ou des tôles rouillées, le pelage mouillé des animaux, la pluie dans le bâtiment issue de la condensation, etc. Un couple mère et veau rejette entre 15 et 20 litres d’eau par jour, soit pour une stabulation abritant 100 vaches avec leurs veaux, 1 500 à 2 000 litres d’eau à évacuer quotidiennement. Se trouvent également dans un bâtiment d’élevage des éléments polluants provenant des animaux ou de leur environnement : ammoniac, gaz carbonique, agents infectieux, poussières, etc. La teneur en ammoniac doit être inférieure à 5 ppm, ce qui correspond à une odeur à peine perceptible. Les bovins craignent davantage le chaud que le froid. Leur zone de confort se situe entre 10 et 20°C et s’adaptent facilement entre moins 5°C et 25°C s’ils sont bien nourris et si les autres conditions d’ambiance sont satisfaisantes. La zone de confort pour les veaux nouveau-nés est de 7 à 25°C et de 5 à 25°C pour les veaux de 15 jours à 1 mois.

La suite dans le Réveil Lozère, page 10, édition du 17 décembre 2015, numéro 1338.

En deux mots
Le bâtiment d’élevage peut être un facteur de risque de maladies. L’action préventive débute dès la conception, avec une recherche du respect des recommandations alliée à une intégration dans son milieu. Elle se poursuit, lors de mise en évidence d’inadaptations, par une phase diagnostic permettant de déterminer les mesures de corrections à apporter.

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Les conclusions du rapport de la commission d’enquête sur les conditions d’abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français seront connues le 21 septembre.

Pierre Morel-à-l’Huissier, député de Lozère et membre de la commission d’enquête.

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