Le Réveil Lozère 13 février 2014 à 08h00 | Par Emilie Wood

Face à face - La charte de l'eau sera-t-elle signée? Le face à face entre les mondes agricole et administratif

La FDSEA et les JA ont lancé ce jeudi 13 février une opération coup de poing auprès des services de la DDT. Vers 11h, une trentaine d'agriculteurs et d'agricultrices, munis de banderoles et de seaux contenants des joncs et des mousses symbolisant le problème des zones humides, ont débarqués dans les locaux administratifs de la DDT de Mende pour réclamer une signature de la charte de l'eau.

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Mathieu Rodier, Olivier Boulat et Damien Pignol face à Laurent Scheyer.
Mathieu Rodier, Olivier Boulat et Damien Pignol face à Laurent Scheyer. - © Emilie Wood

C'est avec détermination et une colère contenue qu'une trentaine d'agriculteurs, munis de seaux d'eau emplis de joncs et de banderoles, ont surgit dans les bureaux de la DDT et ont frappés à la porte de Laurent Scheyer, chef de service biodiversité eau et forêt. Respectueux des locaux et des employés au travail, les agriculteurs ont cependant été extrêmement fermes quant à leur intention de ne pas quitter les lieux jusqu'à la signature de la charte de l'eau sur laquelle ils travaillent depuis près de trois ans.

"On est là parce qu'on est à bout. Cela fait trois ans que vous nous baladez. On a déjà vu trois préfets défiler et le dossier n'avance pas" a expliqué Olivier Boulat, président de la FDSEA. "La FNSEA avait demandé la désobéissance civique, à notre demande lors du conseil fédéral de la FNSEA, pour vendredi 14 février ainsi que le nettoyage des rases. Mais les conditions climatiques en zone de montagne sont telles que nous avons préféré, par respect pour la nature, procéder autrement. Nous sommes ici pacifiquement mais on ne partira pas sans une signature."

La FDSEA reproche à la DDT de ne pas s'être rendus à une réunion de travail sur la charte de l'eau le 13 janvier, réunion qui devait se solder par une signature le 27 janvier. Cette réunion avait été planifiée suite à la visite du préfet sur le terrain au mois d'octobre et à des débuts de négociation en novembre. Mi-décembre, le rendez-vous avait été fixé mais la DDT n'a pas répondu à l'invitation de la Chambre d'agriculture. Olivier Boulat a dénoncé un retour en arrière de l'administration. La FDSEA et les JA se sont toutefois réunis avec la Chambre d'agriculture, la Safer et les maires des communes de Margeride. C'est à cette occasion que le projet de charte de l'eau a été finalisé.

Olivier Boulat, Julien Langlet et Laurent Scheyer.
Olivier Boulat, Julien Langlet et Laurent Scheyer. - © Emilie Wood

Négociation dans les couloirs

En l'absence du préfet et de René-Paul Lomi, directeur de la DDT, Julien Langlet, le directeur adjoint, a rejoint Laurent Scheyer dans les locaux afin de discuter avec les agriculteurs. L'atmosphère, plutôt calme au début, s'est électrifiée lorsque la police, arrivée sur les lieux peu de temps après le début de l'opération, a empêché la presse d'entrer dans les locaux. De plus, Julien Langlet et Laurent Scheyer ont insistés qu'ils ne signeraient rien le jour même, ayant besoin de plus de temps afin d'étudier le dossier.

Le problème de la gestion de l'eau est crucial dans le département, et les agriculteurs reprochent aux services de la DDT de faire plus de zèle en ce qui concerne les agriculteurs que d'autres entreprises. "Nous avons appris de nos grands-parents comment travailler la terre et gérer les ressources en eau, et la DDT veut nous apprendre à défaire le travail de nos aînés?" s'exclamait Mathieu Rodier, des Jeunes agriculteurs. Christophe Vialard, lui aussi, avait quelques mots à dire. "J'ai voulu suivre les conseils de la DDT pour remettre mon champs en état. Le résultat : mon champs est devenu une piscine."

Après être restés plus de quatre heures dans les couloirs, les agriculteurs ont finalement quitté les lieux après avoir obtenu la promesse d'une réunion de travail à 8h30 le lendemain matin, vendredi 14, et une rencontre avec le préfet de région pour signer la charte dès 10h. "Si le préfet ne signe pas, alors, il ne sera plus de mon ressors d'empêcher aux agriculteurs la désobéissance civique, et cette fois-ci, je ne répond plus de rien" a conclut Olivier Boulat.

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