Le Réveil Lozère 09 décembre 2015 à 08h00 | Par Sandra Hartmann

Du très bon foin

Éric Bayle, éleveur ovin lait à Chirac (en zone Roquefort) entame sa deuxième campagne de séchage en grange. C’est encore un peu tôt pour faire le bilan. Mais l’agriculteur se dit pleinement satisfait d’avoir franchi le pas. Retour sur la genèse de son projet et le principe du séchage en grange.

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- © Sandra Hartmann

Éric Bayle s’est installé en 2005, il explique avoir 610 brebis et agnelles de race Lacaune. « Je trait pour Roquefort, détaille-t-il, avec 910 hectolitres de droit à produire sur la dernière campagne. Un chiffre qui, pour l’instant, n’est plus franchement d’actualité puisque les discussions sont encore en cours sur les contrats. » Selon toutes vraisemblances, ce droit à produire devrait être un peu supérieur, « mais je suis encore dans le flou artistique », glisse-t-il. Concernant la surface agricole utile, l’EARL du Raz fait 145 hectares. Trente sont consacrés aux céréales avec dix-neuf hectares d’orge et onze de blé. Il faut ajouter soixante hectares de prairies temporaires et une quizaine d’hectares de prairies naturelles. Le reste est en landes et en parcours. Concernant la conservation des fourrages, Éric a longtemps privilégié l’ensilage. Selon lui, c’était un bon principe. Mais l’agriculteur doit faire tourner son exploitation tout seul. Le séchage en grange était dans les tuyaux, Éric n’a pas mis la tête dans le guidon du jour au lendemain. Se faciliter la tâche, gagner en confort de travail sont pour lui des objectifs vers lesquels tendre ; de même que « produire un lait de qualité en limitant les butyriques avec des fourrages suffisament riches et appétents pour les animaux. » Il a donc visité quelques installations et surtout penser son projet. « L’accompagnement technique est aussi important, il ne faut pas se lancer dans un tel projet sans informations préalables. » Parmi les autres atouts notables du séchage : une moindre dépendance aux conditions climatiques, des récoltes précoces ou des coûts de fonctionnement plus faibles qu’en système classique, une fois le tout amorti. Une installation, cela a un coût. Des milliers d’euros. Éric n’a bien entendu pas tout sorti de sa poche. Il y eu le plan de performance énergétique (PPE), le plan de modernisation des bâtiments d’élevage (PMBE). Formulé autrement, des aides de l’Europe, de l’État, du conseil régional et du conseil départemental. Un bâtiment existant se voit adjoindre 640 m². Trois cellules de stockage sont construites (une de 150 m² et une autre de 230). Elles sont accompagnées de trois ventilateurs : deux de 20 cv, un de 25. Il faut ajouter une griffe à fourrage, un réchauffeur d’air par capteur solaire sous la toiture et une autochargeuse. L’installation, d’une capacité de 360 tonnes, est mise en service en 2014. La première année, il a fallu apprendre à l’utiliser correctement, « à homogénéiser le foin, à s’organiser sur les chantiers en fonction du temps. J’ai demandé des conseils à quelques agriculteurs connaissant bien le principe du séchage et la gestion du temps de travail que cela impliquait au niveau des parcelles. »

La suite dans le Réveil Lozère, page 13, édition du 10 décembre 2015, numéro 1337.

Bien étudier son projet
Jean-Charles Commandré, technicien bâtiment à la chambre d’agriculture de Lozère, répond à nos questions.
Un agriculteur est intéressé par le séchage en grange,que lui conseillez-vous ?
Tout d’abord, se faire accompagner pour l’étude du projet et sa faisabilité économique et technique. Il ne faut pas se tromper sur le dimensionnement des équipements de séchage (cellule, ventilation, capteur solaire). Ensuite, visiter des réalisations. Par ailleurs,  la chambre d’agriculture de Lozère organise des journées de formation sur  le séchage en grange avec un apport technique sur le séchage et des visites d’exploitations.
Dans ce type d’installation, quels sont les écueils à éviter ?
Si le projet a été étudié, il n’y a pas de raison qu’il y ait de problème au fonctionnement. Au début, il peut y avoir trop de fourrage à sécher, celui-ci peut être trop humide. Il n’y pas de risque de faire moisir le foin. Il faudra faire fonctionner un peu plus le ventilateur.

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Communiqué des Jeunes Agriculteurs, le 19 septembre

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