Le Réveil Lozère 04 mars 2015 à 08h00 | Par Sandra Hartmann (avec la collaboration de Nathalie Vanherle)

Conseils de lutte et prévention contre le campagnol

Un pic de pullulation de ce vertébré entraîne d’importantes conséquences économiques, techniques, sociales et sanitaires dans les élevages les plus touchés.

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- © Christian Gloria

Le campagnol terrestre ou rat taupier se plaît dans les zones herbagères de moyenne altitude (Franche-Comté, Massif central, Ardennes…) Le nord du département est impacté (Margeride, Aubrac) avec une extension vers les Cévennes. Le campagnol terrestre dévore chaque année près de 10 000 hectares de prairies en France. Les pullulations cycliques du rongeur menacent les systèmes d’élevage basés sur l’herbe. Complémentaire à la lutte chimique, la lutte alternative offre des outils de gestion pour que ces prairies ne deviennent pas le garde-manger des campagnols. Un seul couple peut donner naissance à cent cinquante petits en moins d’un an dans une prairie naturelle à l’abri des prédateurs et de la bromadiolone, seul anticoagulant chimique disponible pour lutter contre les pullulations. Lorsque l’animal est fortement présent, la perte de rendement fourrager peut atteindre 80 %. « Son affluence provoque des problèmes de qualité fourragère, car elle entraîne la disparition des légumineuses, une diminution de la qualité nutritive et une souillure des fourrages ; ceci conduisant à un besoin d’une gestion fourragère différente et de régénérer les prairies. Peut suivre une altération de la production laitière à cause de la réduction significative du taux protéique et du développement de germes butytriques. La santé humaine peut également être touchée (maladie du poumon fermier liée à la présence de poussière par exemple) », explique Yves Michelin, chercheur à VetAgro Sup à Clermont-Ferrand. Le campagnol peut déstabiliser tout un système et entraîner des pertes économiques conséquentes (jusqu’à 25 000 euros pour une exploitation) par cycle de pullulation.  Après quelques années calmes et sans ravages, certains spécialistes parlent de creux pouvant aller de un à trois ans ; la population de campagnols peut soudainement passer de quelques individus à plus d’un millier de rongeurs par hectare, dévastant les prairies avant de s’éteindre aussi subitement qu’ils n’étaient apparus.

La suite dans le Réveil Lozère, page 4, édition du 5 mars 2015.

Et en Lozère ?
Dans le département, la lutte contre le campagnol terrestre est encadrée par un arrêté préfectoral plus restrictif que l’arrêté national en vigueur dans les autres départements (lutte chimique limitée à deux mois : octobre et novembre, alors qu’elle est autorisée toute l’année dans les autres départements). Des discussions sont en cours avec les services de l’État pour tenter d’obtenir un assouplissement de l’arrêté.

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