Le Réveil Lozère 31 janvier 2018 à 01h00 | Par Propos recueillis par Stéphane Doumayzel

« Chacun peut amener sa pierre au développement de la bio »

Partout en France, la filière lait de vache bio continue sa croissance et les structures de collecte de lait recherchent de nouveaux producteurs.

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Nathalie Delagnes et son mari Franck sont éleveurs de vaches laitières en agriculture bio à Grand Vabre, dans l’aveyron.
Nathalie Delagnes et son mari Franck sont éleveurs de vaches laitières en agriculture bio à Grand Vabre, dans l’aveyron. - © Stéphane Doumayzel

Acteur historique de la bio au plan national, Biolait développe actuellement sa collecte sur la région Occitanie. En lien avec les chambres d’agriculture et des groupements d’agriculteurs bio, cette structure organise prochainement des portes ouvertes en exploitation en Aveyron, Lozère, dans le Lot et le Tarn. Pourquoi et comment vient-on à la bio ? Nathalie Delagnes et son mari Franck sont éleveurs de vaches laitières en agriculture bio à Grand Vabre. Ils livrent leur lait à Biolait, structure dans laquelle Nahalie a décidé de s’investir en tant qu’administratrice en 2017.

Avec votre mari vous avez fait le choix de la bio en 2010, pourquoi ?
Franck a été longtemps producteur bovin lait en conventionnel. Mais 2009 a été une année charnière, avec la crise sur le lait conventionnel et la baisse du prix, un sentiment de perdre la main face à des marchés de plus en plus volatiles, le départ en retraite de ses parents et un problème de main d’œuvre sur la ferme avec un gros volume de lait à produire. À l’époque, je travaillais à l’extérieur. Franck m’a proposé de revenir sur l’exploitation et nous avons réfléchi à l’orientation que nous souhaitions donner à notre structure. J’ai toujours été intéressée par l’agriculture biologique. Alors nous sommes partis voir des éleveurs qui étaient en bio depuis trente ans dans le Maine-et-Loire. Ça a été le déclic : nous avons entamé une étude de faisabilité d’un passage en bio, et comme le projet semblait pertinent, nous avons engagé la conversion. En 2011, je me suis installée avec Franck en Gaec entre époux.

Aujourd’hui, avec plus de sept ans de recul, quel bilan faites-vous ?
Un bilan très positif ! Nous produisons selon un mode de production qui m’a toujours motivée et Franck, qui avait fait le tour du modèle conventionnel, a trouvé un nouveau challenge sur l’exploitation. Nous sommes sereins. Les filières de qualité sont un atout incontestable pour nos zones. Être en accord avec la demande des consommateurs, quelle satisfaction ! De plus, gagner en autonomie sur nos exploitations est un enjeu d’avenir : j’entends l’autonomie alimentaire bien sûr, mais aussi décisionnelle, financière, etc. Nos aspirations personnelles sont plutôt satisfaites, avec un bon équilibre entre travail, économie, équipements, marché et image de notre métier.

 

Suite de l'article à lire dans le Réveil Lozère n°1445, du 1er février 2018, en page 6.

Les portes ouvertes dans les quatre départements


Chaque rendez-vous a lieu sur l’exploitation à dix heures. Chaque rencontre se verra clôturée par un buffet offert par Biolait.

Mardi 13 février en Lozère : élevage laitier bio et robot de traite
Visite du Gaec de Chanac, route du Pont vieux à Chanac. Éric Barbut et Patricia Bonnal élèvent 55 Brunes sur 80 ha. Ils ont fait le choix du bio pour remettre l’économie au cœur du système d’exploitation. Ces éleveurs, qui disent « Nous avons choisi de produire moins pour gagner plus », témoigneront de leur choix et des ajustements opérés en système robot de traite.
Rendez-vous sur l’exploitation à 10 h, la matinée se clôturera avec une raclette au lait de Brunes offerte par Biolait.
Pour vous inscrire au repas ou tout complément d’information, contactez Éric Barbut au 06 77 08 10 43 ou la chambre d’agriculture Lozère au 04 66 65 62 00.

Jeudi 15 février en Aveyron : conversion en bio avec la race Jersiaise
Visite chez Emmanuel Cayron. Cet éleveur produisait en conventionnel plus de 300 000 litres de lait avec du maïs ensilage et des achats de tourteau. Il s’est engagé en agriculture biologique en 2016 et livre son lait à Biolait depuis le 1er novembre 2017. Avec la conversion bio, il a fait le choix des prairies multi-espèces, du pâturage tournant dynamique, des associations céréalières et du développement de la race jersiaise. Au bilan : moins de pointes de travail, une production laitière sous signe officiel de qualité avec un marché en croissance depuis plus de 10 ans, et des résultats économiques en hausse.
Rendez-vous à Parlan, commune de Sainte-Juliette sur Viaur : en arrivant de la Primaube, l’exploitation se trouve au fond du village à gauche.
Contact pour plus de précisions : chambre d’agriculture de l’Aveyron au 05 65 73 79 01.

Mardi 20 février dans le Lot : ferme bio et séchage en grange
À Lalleguède sur la commune de Montredon, visite de la ferme de Nathalie et Emmanuel Lalo, qui conduisent en bio un troupeau de 40 vaches laitières de race Normande. Portés par la dynamique du bio, ils ont investi à titre individuel dans un séchage en grange, et à titre collectif dans un semoir semis direct.
Contact pour plus de précisions : chambre d’agriculture du Lot.

Jeudi 22 février dans le Tarn : conduite bio et pâturage tournant
Visite de la ferme de Pierre Robert à La Rigaudié, commune de Ronel. Pierre Robert élève 40 vaches laitières Prim’Hostein et Simmental sur 77 ha. Il a fait le choix de la bio pour le challenge technique et l’envie de redonner du sens à son métier. Il témoignera de sa trajectoire et des changements mis en place dans son système pour gagner en autonomie alimentaire, notamment grâce au pâturage tournant.
Contact pour plus de précisions : chambre d’agriculture du Tarn au 05 63 48 83 95.

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