Le Réveil Lozère 11 octobre 2012 à 16h20 | Par Lise Monteillet

Aubrac - Les tourbières, trésor de biodiversité

Sur le plateau de l’Aubrac, Anne Rémond, naturaliste au conservatoire départemental des sites lozériens, avait donné rendez-vous à quelques pas du lac de Saint-Andéol. But de la visite : découvrir la tourbière du Cap combattut. Avec des bottes, c’est plus pratique pour fréquenter une tourbière et un bâton, pour mesurer la profondeur des lieux.

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- © Lise Monteillet

Le premier fil de fer enjambé, Anne Rémond tient à préciser : «Nous travaillons en partenariat avec des gestionnaires, à qui nous proposons un accompagnement technique. Ici, cette estive d’une trentaine d’hectares appartient à des agriculteurs. C’est avec leur accord que nous visitons cette parcelle». Elle stoppe ses explications, intriguée par le bruit d’un oiseau. «C’est un courlis, un oiseau tributaire des zones humides. Il doit être en train de nicher», explique-t-elle. La promenade reprend, direction le fond du pâturage, en forme de cuvette. L’eau devient de plus en plus présente. En plantant le bâton, la profondeur de la tourbière est estimée à plus d’un mètre. «Une tourbière se forme à condition qu’il y ait de l’eau en permanence. Les apports d’eau doivent être supérieurs aux pertes», ajoute la naturaliste.

Cette eau stagnante peu oxygénée, où la matière végétale se dégrade très lentement, constitue des conditions de vie extrêmes pour la faune et la flore. Aussi, on ne retrouve nulle part ailleurs les plantes et les insectes qui se sont adaptés à ce milieu. «Les zones humides sont importantes à conserver pour plusieurs raisons. Je vois d’abord un enjeu au niveau de la biodiversité, puis au niveau de la ressource en eau. Les tourbières sont des réserves d’eau qui jouent un rôle tampon, en régulant l’écoulement des eaux», résume Anne Rémond.

Au service du pastoralisme

Les agriculteurs qui pratiquent le pastoralisme sur ces zones l’ont d’ailleurs bien compris. Les zones humides permettent d’avoir encore de l’herbe aux périodes les plus sèches de l’année. Avant la mécanisation de l’agriculture, la tourbière avait même été fauchée. Une petite partie de la tourbière a été clôturée, aux abords du ruisseau qui traverse l’estive. «Cette zone était dangereuse pour les animaux. Plutôt que de la drainer, elle a été mise en défens. L’agriculteur qui s’est engagé dans une mesure agro environnementale reçoit pour cela une compensation financière», informe Anne Rémond. Ainsi, la biodiversité de la tourbière est protégée et les agriculteurs peuvent valoriser cet espace grâce au pâturage des animaux. «Nous essayons de leur apporter un maximum de réponses techniques à leurs problèmes, car ce que nous souhaitons éviter à tout prix : c’est la mise sous cloche de ces territoires», conclut-elle. Sur l’Aubrac, on considère que 4000 hectares sur 30000 sont des zones humides.

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